Suite et fin ? La commission d'information et d'évaluation sur « les liens réels entretenus par la mairie d'Asnières et le gouvernement iranien », créée en décembre 2005, sera l'un des sujets abordés par le député-maire UMP, Manuel Aeschlimann, lors du prochain conseil municipal qui se déroulera demain soir en mairie. Le maire devrait officialiser à cette occasion la dissolution de ladite commission, sans pour autant avoir clos le débat.
Mise en place à la demande de treize élus (UMP, UDF, PS) à la suite d'une interview accordée à la télévision iranienne par le directeur de cabinet, Francis Pourbagher, récemment limogé par Manuel Aeschlimann, cette commission avait pour objectif de faire toute la lumière sur l'organisation et le financement d'une manifestation culturelle iranienne qui s'est déroulée à Asnières en janvier 2005, en présence de l'ambassadeur de la République islamique d'Iran en France. Une manifestation largement commentée par Francis Pourbagher dans une interview donnée en langue perse à la télévision iranienne qui avait suscité la mobilisation des élus d'opposition.
« La question du financement reste sans réponse »
Mais à ce jour, alors que le règlement intérieur stipule que sa durée de vie est achevée - elle n'était que de quatre mois - et que la commission composée de 16 élus représentant les différents groupes politiques du conseil ne s'est réunie qu'une fois, aucune conclusion d'enquête n'a encore été remise. Une omission qui devrait être réglée lors du prochain conseil. « On s'est posé la question d'un débat mais cela se limitera à la diffusion d'un compte rendu par le premier adjoint », lâche le directeur général des services, Bernard Loth.
"Jeudi, lors de la commission municipale (NLDR : réunion des présidents de groupe avant le conseil municipal) , nous avons demandé le rapport rédigé par la mission », souligne le socialiste Sébastien Pietrasanta. Et de préciser : « La question du financement de la manifestation iranienne par la ville reste pour nous toujours sans réponse. La commission a pour l'instant juste servi à étouffer les débats. On souhaite que cette mission soit prolongée sous une autre forme. »
Peu probable que cette requête soit suivie d'effets. Les réponses ont été apportées aux élus présents lors de la réunion, assure le maire. Il s'agissait d'une exposition classique sur la culture iranienne qui est passée dans beaucoup d'autres villes avant Asnières et qui était financée par ces communes dans la plupart des cas, ce qui n'a pas été le cas à Asnières. Depuis, elle a été présentée dans d'autres communes, comme Neuilly. »
De son côté, Laurent Martin Saint-Léon, ancien maire adjoint passé dans l'opposition, s'estime satisfait de l'initiative qui a permis d'ouvrir les débats : « Il ne m'appartient pas de me pencher sur les relations qu'entretient l'ex-directeur de cabinet avec l'Iran. Il semblerait que Manuel Aeschlimann ne savait pas que la plus grande fête chiite qui commémore le martyre du prophète Hossein était célébrée sur sa commune... Je sais tout ce que je voulais savoir sur le sujet, le reste relève plus à mon sens de la DGSE ou des services spéciaux. Pas de la commune. »
Marisa Faion