Un huissier de justice, des micros... et maintenant la police. Les conseils municipaux d'Asnières, qui se déroulent une fois par trimestre, ressemblent de plus en plus à des foires d'empoigne où chacun fourbit ses armes. Jeudi soir, lors du conseil municipal, malgré toutes les précautions techniques habituelles, le député-maire UMP, Manuel Aeschlimann, a fini par faire appel aux fonctionnaires de police après que des élus d'opposition eurent utilisé un porte-voix pour se faire entendre.
Le maire et ses opposants ne semblent d'accord que sur une seule chose : « Il est impossible de s'exprimer dans ce conseil. »
Mais chacun en renvoie bien sûr la faute à l'adversaire. « Nous étions en train de débattre sur le programme de l'Anru, un sujet important qui pèse 160 millions d'euros, lorsque le maire m'a coupé le micro », lâche Jean-Jacques Semoun, ex-maire adjoint passé dans l'opposition. « C'est insupportable, le débat est impossible. »
Manuel Aeschlimann détaille de son côté : « Des élus de l'opposition n'ont cessé de nous provoquer et conformément à ce que j'avais annoncé dès le début du conseil, nous n'avons pas polémiqué. Mais quand ils ont utilisé leur porte-voix, on ne s'entendait plus. Il a fallu se résoudre à appeler la police. C'est malheureux d'en arriver là, c'est pitoyable. »
« C'est pitoyable »
Les policiers municipaux sont donc intervenus vers 23 heures dans l'hémicycle pour « confisquer » le mégaphone, suivis peu de temps après par des policiers nationaux. Un beau capharnaüm qui s'est conclu par le départ de l'ensemble des 14 élus de l'opposition, droite et gauche confondues : « Le maire refuse de débattre sur le fond et il caricature les propos des élus de l'opposition, c'est lui qui créé l'incident », souligne à son tour le conseiller PS, Sébastien Piétrasanta.
Le conseil a finalement repris pour se terminer à minuit et demi, sans l'opposition, sur l'adoption du projet Anru. Un projet qui comprend notamment la destruction de la barre des Gentianes et le relogement de ses habitants qui a déjà commencé."
Marisa Faion